Processus de création de l’identité visuelle du concours Africa ArtBox 2017: le Faux Lion.

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J’aime comprendre l’art comme une expérience mystique dans laquelle le processus créatif possède l’artiste et l’amène vers un espace de dialogue avec son « moi » le plus intime, d’où émerge une pièce unique : l’œuvre d’art.

Le processus créatif

Pour cette première édition, les organisateurs du concours Africa ArtBox m´ont dit qu’ils cherchaient une image qui pourrait évoquer le continent africain dans son ensemble et les médias numériques liés à la production artistique. Ils cherchaient également à souligner comme il est important d’adapter les démarches professionnelles des artistes à une scène de plus en plus globalisée.

À la recherche d’idées, au départ j’ai séparé ces différents concepts, pour ensuite les analyser et les visualiser de manière indépendante :

L’image de l’Afrique comme concept global:

La grande diversité et la richesse culturelle du continent supposaient un défi pour trouver un élément visuel représentatif de l’ensemble des pays et je voulais éviter de tomber dans la typique carte de l’Afrique. Un élément commun à la plupart des pays d’Afrique est le respect des traditions, la conservation des fêtes traditionnelles et les rituelles ; une flamme vive du passé, que malgré l’évolution du continent, reste encore éveillée.

Après avoir réfléchi à cette idée du folklore et tradition, le concept du danseur traditionnel est apparu et l’image du Faux Lion ou Simb Gaïnde est devenue pertinente. Le lion est en plus un symbole du continent.

Les médias numériques dans la production artistique:

Une fois que l’image du Faux Lion a pris forme, j’ai intégré un outil basique pour la production numérique: un ordinateur, et sur lui j’ai échangé son icône principale par la silhouette de l’Afrique. Puisque je cherchais à faire allusion à l’art numérique, j’ai pensé pertinent que l’image de marque du concours soit le produit d’une manipulation digitale et non une simple photographie.

Simb Gaïnde

On dit que dans le passé, un homme a été attaqué par un lion et après avoir survécu à l’attaque, il a commencé à se comporter comme si le lion l’aurait possédé – mangeant même de la viande crue -. Ainsi est né une tradition où les hommes se déguisent en faux lions et courent et dansent dans les rues de certaines régions du Sénégal lors de grandes célébrations.

Les outils numériques permettent à l’artiste de transformer une réalité dans une autre, en fonction de ce qu’il cherche à transmettre: il peut transformer des solides bâtiments en pièces qui fondent à l’aide d’un vidéo-mapping, ou faire qu’un danseur change la couleur du sol ou de ses costumes par un simple geste.

Le développement professionnel de l’artiste:

La résidence de création offerte en tant que prix est l’occasion pour l’artiste lauréat de produire son œuvre entouré de l’équipe des professionnels du centre de création international Plataforma Bogotá. Ainsi, il peut expérimenter des nouveaux outils et méthodes de travail et promouvoir son œuvre avec une plus grande visibilité à l’international.

De ce fait, j’ai amené notre Lion à voyager aussi mais en deux dimensions : avec le concours il découvre un nouveau lieu et à travers les médias numériques il crée une nouvelle réalité. Des là l’idée du lion qui part d’une rue de Dakar (ou toute autre ville  telle qu’Addis-Abeba, Le Caire, Cape Town …) pour aller vers un lieu complètement différent.

Réalisation

Médias utilisés : appareil photo numérique et Adobe Photoshop

Le processus : avec la participation du danseur Ousmane Sarr, j’ai réalisé une session photo à Pikine (Dakar, Sénégal) dans les rues du quartier et dans sa maison. Par la suite, lors de la post-production j’ai utilisé cinq images –une photo de la session, deux photos de stock pour le fond de l’image, une photo d’un ordinateur et une image vectorisée de la carte de l’Afrique. J’ai combiné tous ces éléments pour créer une seule image finale.

Résultat

Une image dont l’artiste digital, en plaine expérience mystique de création, avance vers une nouvelle réalité.

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